Petit bout d’histoire

Depuis les premières colonisations européennes, au 16ème siècle, les peuples autochtones ont été spoliés de leur terre et de leur culture. Le territoire des Indiens Sateré Mawé se situe en Amazonie centrale du Brésil, au sein de la Terre Indigène Andirà – Marau. Il mesure 780 000 hectares et son couvert forestier est préservé à plus de 90 %. Au début des années 80, la filiale Braselfa de ElF Aquitaine a effectué des campagnes de prospection sismique provoquant des dommages environnementaux très importants sur la terre des Sateré Mawé.
Après plusieurs années de luttes exacerbées entre les communautés indiennes et Braselfa appuyé par gouvernement brésilien de l’autre, les communautés indiennes ont obtenu des dommages et intérêts pour le préjudice subi. C’est un événement historique en Amazonie, une reconnaissance du droit des indiens, une reconnaissance de leur territoire (réalisation d’une démarcation topographique officielle).

Suite à cet événement, les 500 familles de la tribu des Indiens Sateré Mawé ont décidé de créer le « Projet Waranà » afin d’obtenir leur autogestion et leur autodétermination (autonomie à tous les niveaux). Ce projet économique a pour but de protéger et de valoriser leurs identité, histoire, territoire, culture, langue, rites. En 1995, Claudie Ravel, qui recherchait du Warana d’origine, a rencontré Obadias Batista Garcia, leader du Projet Warana. Un partenariat s’est alors mis en place entre le Conseil Général de la Tribu Sateré Mawé (CGTSM) et Guayapi, dans le but de créer une filière d’excellence du Waranà.

La production de tout le projet repose sur la Foresterie Analogue (pratiques forestières visant à restaurer les écosystèmes dégradés pour qu’ils retrouvent leur biodiversité d’origine).


Qu’est-ce que le Warana ?

Depuis des millénaires, le fruit du Warana est récolté et préparé manuellement par les Indiens Sateré Mawé. Son noyau est séché doucement, six jours et six nuits, dans des fours en argile, fumigé plusieurs semaines sur le bois muriçi, puis pulvérisé. Cette poudre, mélangée traditionnellement à de l’eau et bue selon le rite du çapo, apporte un dynamisme physique et cérébral unique en son genre. Le Warana aide ainsi à se concentrer, entreprendre, être en forme, et les Indiens disent même qu’il apporte « la bonne parole » et évite les conflits. Quotidiennement, le rite de consommation est un moment de partage, instaure l’harmonie entre les participants, favorise l’expression, et permettrait même de prendre les bonnes décisions.

La plante est internationalement connue sous le nom de Guarana : c’est en effet le nom donné par les portugais il y a 500 ans, lorsqu’ils colonisaient leur terre indigène et n’avaient pas de W dans leur alphabet. « Warana » en langue Sateré Mawé signifie « les débuts de la connaissance ».

Le Projet Warana offre à la nation Sateré Mawé une garantie de plus pour la protection du patrimoine légué par ses ancêtres et la digne existence de ses descendants.


Cuisson douce du Warana

Blanc cassé, le Warana des Indiens Sateré Mawé aiguise les sens, comme savent le faire les goûts anciens et potentialise les vertus des aliments auxquels il est associé. En cuisine : dans un cocktail de fruits, en vinaigrette, associé à de l’huile de noix d’Amazonie, du jus de tarbu, sur un chocolat chaud ou un tiramisu…

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